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L'Yonne, ce grand chemin des eaux
II est,
chacun le sait, utile à nos pays
ce cours d'eau qui
nous vient des forêts morvandelles.
Souvent, dès le
printemps, sous nos yeux éblouis
il a reflet d'azur
et joie des hirondelles.
Ses décors
verdoyants sont couverts de roseaux ;
la barque du pêcheur
s'y balance, amarrée
et quand un chaland
passe, ouvrant le front des eaux,
l'on voit dans son
sillage une ombre chamarrée.
Des moulins et des
bourgs sont bâtis sur son bord.
La vie dans nos
régions, par bonheur, est entrée.
Cette eau, jadis,
était plus nécessaire encor
menant jusqu'à Paris
les vins de la contrée.
Car les gens de chez
nous étaient des vignerons
dont le gain
aujourd'hui nous apparaît précaire.
Les ceps faisaient
honneur à tous les environs ;
la vigne était
l'emblème en ce pays calcaire.
Le passé, c'est
aussi ce bois de flottaison
qu'on mettait en
radeaux et à bûche perdue,
venant du Mont
Beuvray ou d'un autre horizon,
richesse, en lourds
billots, du Morvan, descendue.
Notre cours d'eau,
pour tous, eut un pouvoir vital.
C'est lui, que, de
nos jours, le rêveur affectionne.
II fit la renommée
de mon pays natal.
Paris doit sa
grandeur un peu aux eaux de l'Yonne.
II transporta sa
part de moellons à bâtir,
ceux, dont le Moyen
Age a fait les cathédrales.
Nul ne s'étonne,
ici, d'aimer et de sentir
tant de bienfaits
mêlés aux beautés pastorales.
Et lorsque les
chercheurs d'Histoire un peu férus,
nous disent le passé
de Cravant ou Palotte,
l'on aime en leurs
écrits ces aspects disparus
du flotteur, du
carrier et de l'homme à la hotte.
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